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Doc Doc Doc entrez ! édition 2024

Des chemins dans le monde

Le cinéma documentaire, tel que nous aimons le proposer, nous entraîne entre universalité et ancrage territorial, dans le combat pour la dignité des peuples, des communautés, des femmes et des hommes. Ce sera encore le cas pour cette 20e édition de notre festival. Les chemins tracés à travers le chaos du monde, y seront nombreux et variés, et toujours passionnants à découvrir. 
On y trouvera de belles histoires de lutte et de rébellion (En communauté, Le balai libéré), d’émancipation avec Cesária Évora et le magnifique Non alignés : Scènes des archives Labudović qui nous ramène à une époque où l’on pensait qu’un rééquilibrage des relations nord/sud favoriserait une coexistence pacifique des nations. La soirée consacrée aux deux films de Lina Soualem nous plongera au coeur de sa famille, mi-algérienne mi-palestinienne, bouleversée par la marche impitoyable de l’Histoire. D’autres histoires encore nous attendent, celles de la relation intime à la terre avec La ferme des Bertrand, 125 hectares et Prendre soin de la terre ou de la concurrence sur le territoire (Vivre avec les loups, Ici Brazza).

 Une volonté de lutte parfois désespérée qui sera également la marque des trois films consacrés à l’Afrique (Chez Jolie Coiffure, Mambar Pierrette, La Noire de...). Ainsi va la mémoire par tous les chemins dans le monde, gravant les souvenirs comme une mémoire bariolée, un album de famille des temps traversés, histoires des temps humains, géologiques, cosmologiques dans une continuité conservée.

Mardi 16 avril 18h15 : En communauté

Mardi 16 avril 21h00 : Le balai libéré

Mercredi 17 avril 18h15 : Césaria Evora, la diva aux pieds nus

Mercredi 17 avril 21h00 : Non alignés : scènes des archives Labudovic

Jeudi 18 avril 18h15 : Leur Algérie

Jeudi 18 avril 21h00 : Bye Bye Tibériade

Vendredi 19 avril 18h15 : Vivre avec les loups

Vendredi 19 avril 21h00 : Prendre soin de la terre

Samedi 20 avril 10h00 : Sembène !

Samedi 20 avril 14h30 : La noire de...

Samedi 20 avril 16h00 : Montage, mon beau souci

Samedi 20 avril 18h00 : 125 hectares

Samedi 20 avril 21h00 : Mambar Pierrette

Dimanche 21 avril 10h00 : Chez Jolie Coiffure

Dimanche 21 avril 14h30 : Ici Brazza

Dimanche 21 avril 17h30 : La ferme des Bertrand

MARDI 16 AVRIL

Les deux films de cette première soirée montrent ce qu’une communauté ou un collectif peuvent produire lorsque les langues se délient et que les réflexions se partagent, lorsque les audaces s’affirment au bout d’un long cheminement ou à l’occasion d’un « ras-le-bol ».

Mardi 16 avril - 18H15

EN COMMUNAUTE de Camille Octobre Laperche France 2022, 0h44

La réalisatrice filme la parole de religieuses au moment où elles s’apprêtent à quitter leur lieu de vie. Loin de tout renoncement, sans aucune amertume, la simplicité et la lucidité avec lesquelles chacune revient sur son histoire et sa vie “en communauté”, donnent un film profond dont l’humour n’est pas absent.

Les religieuses ne doivent parler que travail, ne penser qu’à Dieu comme esprit supérieur et intérioriser que ce qui est impossible aujourd’hui le sera demain. Quel a pu être le cheminement de ces religieuses pour qu’elles en arrivent à quitter leur institution ainsi que ce monastère signe de l’existence de leur communauté ?.  Éléonore Fédou - Tënk

Mardi 16 avril - 21H00

LE BALAI LIBERE de Coline Grando Belgique 2023, 1h28

Coline Grando réunit, dans les locaux de l’Université Catholique de Louvain, certaines des femmes de ménage qui cinquante ans auparavant, ont mis à bas une organisation de travail aliénante. 
Elle organise la rencontre de ces femmes audacieuses avec les agents et agentes d’entretien qui aujourd’hui travaillent dans les mêmes lieux. Entre-temps, les règles de la “concurrence libre et non faussée” auront mis fin à une expérience pourtant réussie d’autogestion. On est saisi par le récit joyeux de cette prise de pouvoir, puis par le constat d’un recul social évident. Malgré tout, au sortir des échanges entre celles qui ont osé faire et celles et ceux qui n’imaginent pas qu’on puisse faire autrement, il reste l’idée que quelque chose est possible.


Dès les premiers plans, qui mettent en scène l’équipe de tournage installant des micros, Coline Grando souligne l’ambition performative de son geste : ouvrir un espace politique qui expose un travail invisibilisé et, par la rencontre de deux générations, se servir du passé pour éclairer le présent. Romain Lefebvre - Cahiers du Cinéma

MERCREDI 17 AVRIL

La deuxième journée propose un grand voyage à travers le monde. D’abord à partir du Cap vert dans les pas de Cesária Évora puis un voyage en Utopie avec la fondation du mouvement des non alignés.

Mercredi 17 avril - 18H15

CESARIA EVORA, LA DIVA AUX PIEDS NUS de Ana Sofia Fonseca Portugal 2022, 1h35

Qui n’a pas entendu le créole du cap vert, ce chant de toutes les îles esclaves, le destin des chaînes ? Telle est Cesária Évora la révoltée pauvre aux pieds nus, sodade, Saudade, nostalgie, mélancolie ensoleillée, fado îlien aux parfums universels. Ce film est le tableau sonore d’une femme tenant la flamme du métissage du monde au bout de ses doigts, de ses chants, de ses combats.

Dans ce beau documentaire, fait d’archives, la plupart inédites, de témoignages, de musique et de pépites, [...] la réalisatrice Ana Sofia Fonseca fait revivre la diva, décédée en 2011, qui fumait et buvait trop, et avait la beauté du coeur. Isabelle Magnier - Télé 7 Jours

Mercredi 17 avril - 21H00

NON ALIGNES : SCENES DES ARCHIVES LABUDOVIC de Mila Turajlic - France Serbie Montenegro Croatie 2022, 1h34

Des bobines de films dorment sur des étagères d’archives en Serbie. Elles regorgent d’images oubliées de liesses populaires, de sommets politiques. Mila Turajlić les exhume une à une et part à la rencontre de celui qui les a filmées : Stevan Labudović. À partir de 1954, de Belgrade à Alger en passant par New York, ce filmeur passionné a capté sur pellicule, pour le compte de Tito et de l’ex-Yougoslavie, les combats anti-impérialistes et l’opposition à l’idée d’un monde bipolaire partagé entre l’Est et l’Ouest. Ses images racontent l’émergence du “Tiers-Monde” sur la scène internationale et une utopie politique : le mouvement des Non Alignés. Une époque où l’on croyait que le cinéma pouvait écrire l’histoire.

Dès lors, se pose comme rarement la question du sens des images que nous voyons. Elles sont d’une telle richesse, elles ouvrent tellement de portes, c’est-à-dire de sens possibles, que le vertige nous prend, et surtout l’émotion. Jean-Noël Orengo - Transfuge

JEUDI 18 AVRIL

Cette troisième journée de notre festival sera consacrée à deux films de la même réalisatrice, Lina Soualem. Fille de l’acteur algéro-français Zinedine Soualem et de l’actrice palestinienne Hiam Abbass, elle nous propose une plongée dans une histoire familiale bouleversée et bouleversante.

Jeudi 18 avril - 18H15

LEUR ALGERIE

de Lina Soualem

France, Algérie 2020, 

 1h12

La réalisatrice suit son père dans sa relation avec ses propres parents - nés dans un village algérien et ayant émigré en Auvergne peu avant l’indépendance - au moment où ils ont décidé de se séparer après... 62 ans de vie commune. En dévoilant ce moment crucial de leur existence, elle fait remonter des décennies de non-dits et de frustrations. Aïcha surmonte l’épreuve de la confrontation avec la caméra dans une cascade de rires émaillant sa description lucide d’un état des lieux d’une vie bien avancée alors que Mabrouk reste souvent enfermé dans un mutisme que son fils et sa petite fille ne parviennent que rarement à briser.


Avec peu de moyens et animée par l’urgence de terminer le film avant la mort de son grand-père, Lina Soualem inscrit ces récits singuliers dans une histoire plus large de l’exil et des ouvriers algériens, souvent absents de la mémoire officielle. Un très beau premier film. Sophie Joubert - L'Humanité

Jeudi 18 avril - 21H00

BYE BYE TIBERIADE

de Lina Soualem

1h22

France, Belgique, Palestine, 2023

Bye Bye Tibériade raconte « une autre mémoire d’exil » selon les mots mêmes de la réalisatrice, puisqu’il mêle le tragique de l’Histoire au destin de sa famille maternelle palestinienne. Le film prend une dimension exceptionnelle par la qualité narrative notamment liée à la diversité et la force des images, qu’elles soient tirées d’archives, extraites de films familiaux ou issues de la démarche artistique de la réalisatrice. Celles de la vie au bord du lac de Tibériade, dans les années 1930, font penser à un paradis perdu alors que le drame du déracinement s’annonce. Différents extraits de films familiaux constituent un lien précieux pour comprendre l’histoire familiale mais nous montrent aussi une situation absurde et tragique qui nous renvoie à la troublante concordance du film avec les évènements actuels, et à la persistance du malheur de tout un peuple.

VENDREDI 19 AVRIL

Les deux films de la quatrième soirée parlent de partage et d’usage d’un territoire commun, de cohabitation entre l’homme et l’animal, de changements d’attitudes et de modes de production pour que notre monde reste habitable.
Il s’agit là de rompre avec des comportements issus d’une longue histoire de domination et d’exploitation de la nature par l’homme lorsque les ressources semblaient inépuisables et disponibles, pour peu que celui-ci ose et s’impose.

Vendredi 19 avril - 18H15

VIVRE AVEC LES LOUPS

de Jean-Michel Bertrand

1h29

France, 2023

Le réalisateur termine son triptyque sur les loups qui sont, à présent, bien installés dans sa vallée. Le film n’offre pas seulement de très belles scènes de la vie sauvage, mais il va bien au de-là. Jean-Michel Bertrand redonne des éléments de contexte sur un temps long, interroge des éleveurs directement concernés par cette réinstallation. Il se rend en Italie où les hommes et les loups cohabitent depuis toujours. Il partage les connaissances acquises par sa longue fréquentation des meutes… Nous le suivons et ses allers-retours nous donnent matière à réflexion, loin des crispations haineuses et destructrices.

Jamais dogmatique, ponctué d’images de montagne sublimes, ce film très profond pose de nombreuses questions sur notre façon d’habiter le monde. Catherine Balle - Le Parisien

Vendredi 16 avril - 21H00

PRENDRE SOIN DE LA TERRE

de Guy Chapouillé

2h05

France, 2023

Ce film rompt avec une présentation souvent désespérante des problématiques agricoles. Guy Chapouillé va à la rencontre de femmes et d’hommes qui ont choisi d’explorer de nouvelles ou anciennes pratiques de culture ou d’élevage, respectueuses des sols et des rythmes naturels.
A l’heure où s’expriment les colères paysannes, où certaines des réponses données semblent tellement peu en adéquation avec l’ampleur des enjeux, ce film nous montre que certain-e-s expérimentent et trouvent des manières de faire autrement.

Le montage nous invite à prendre le temps à leurs côtés d'écouter, d'observer, de ressentir leurs choix de production, jusqu'à nous donner l'envie de toucher et de goûter et de vivre! Un plaidoyer pour prendre soin de la terre ! Charlotte Psoum


SAMEDI 20 et DIMANCHE 21 AVRIL

DEPLACER LES REGARDS

A l’exception de quelques trop rares noms (Sembène, Cissé, Ouedraogo, Sissako, que des hommes « naturellement »), adoubés par le festival de Cannes, que savons-nous vraiment des cinématographies des pays de l’Afrique noire, tant l’Histoire du cinéma reste majoritairement (et désespérément) occidentale et blanche ? La récente reconnaissance en France de la cinéaste camerounaise Rosine Mbakam, désormais domiciliée à Bruxelles, nous offre l’occasion de rectifier le tir, nous invitant à déplacer nos regards vers de nouveaux horizons et d’autres façons de voir, quitte à déconstruire les nôtres afin de nous ouvrir plus grands les yeux. Tel est bien un des mérites de ses cinq films réalisés depuis 2016, en seulement une petite huitaine d’années, celui d’oser affirmer avec un aplomb peu commun l’ancrage et le point de vue d’une femme africaine, née à Yaoundé et qui ne s’en laisse pas conter ni dominer. Le cinéma de Rosine Mbakam est généreux, amical, hospitalier, ouvert à toutes et tous – quelle que soit la couleur de leur peau, quand bien même elle revendiquerait la sienne, à raison -, et d’abord tissé de relations complices entre femmes et d’échanges certes durs, mais toujours affectueux, un cinéma de l’intimité, diront certains, mais en permanence capable de faire entrer dans le moindre plan, comme dans une alcôve ou une chambre d’écoute, toutes les vibrations d’un monde malmené et toutes les douleurs, en particulier féminines, d’un continent entier. Rosine Mbakam est d’ores et déjà une des plus grandes cinéastes de la parole, celle des humbles et des exclues, des invisibles et des recluses, autrement dit une grande cinéaste de l’écoute, consciente que l’une ne va pas sans l’autre. Chacun de ses films orchestre magistralement un renversement du point de vue : en sortant de la salle, je ne suis plus totalement celui que j’étais en y entrant, sans doute un peu plus femme, sans doute un peu plus noir. Patrick Leboutte

OUSMANE SEMBENE,
docker devenu cinéaste

Tirailleur sénégalais pendant la seconde guerre mondiale, puis docker travaillant clandestinement sur le port de Marseille, Ousmane Sembène (1923-2007), alors militant communiste, fit rapidement le choix de mettre en forme ses colères et son engagement anticolonial, par la littérature d’abord, puis par le cinéma après son passage par le VGIK, la grande école de Moscou. Figure tutélaire et père fondateur, parfois quelque peu autoritaire, des cinémas d’Afrique, ses films comme ses romans ont profondément marqué l’histoire culturelle du continent noir. « Sans le peuple, je ne suis rien ; sans le peuple, je ne peux pas créer », répétait-il souvent. Entre extraits de films et archives rares, ce beau documentaire retrace le parcours étonnant de cet homme qui, parti de rien, fit le pari d’oser poser sa vision de l’Afrique sur les écrans. Patrick Leboutte

Samedi 20 avril - 10H00

A l’occasion de cette séance, Patrick Leboutte accueillera Valérie Berty, professeur de littérature et de cinéma d’Afrique, auteur du livre « Sembène Ousmane un homme debout ».

SEMBENE !

de Samba Gadjigo et Jason Silverman

1h26

France, Sénégal, 2015

En 1952, Ousmane Sembène, un docker renvoyé de l’école en classe de CM1, eut un rêve impossible, celui de devenir « un conteur pour une Afrique nouvelle ». Sembène ! raconte l’histoire incroyable mais vraie du « père du cinéma africain », le romancier et cinéaste autodidacte qui, contre tous les obstacles, s’est battu pendant 50 ans, pour raconter les histoires africaines aux Africains.

C'est un chuchotement à la mémoire d'Ousmane Sembène que laisse entendre ce film documentaire sur un homme au parcours cinématographique absolument remarquable, à l'engagement conséquent, au courage jamais entamé face aux circonstances. Sembène ! peut être considéré comme un film qui ouvre les pages nouvelles d'une conscience africaine dans un regard en miroir porté par le "Ceddo" (le "rebelle", en langue wolove). Bassirou Niang – Africine.org

Samedi 20 avril - 14H30

LA NOIRE DE…

de Ousmane Sembène

1h05

France, Sénégal, 1966

Au départ de ce film, premier long métrage du cinéma d’Afrique noire, on trouve un fait divers tristement réel : l’histoire de Diouana, jeune gouvernante sénégalaise, embauchée à Dakar pour s’occuper à Antibes des enfants d’un couple de grands bourgeois qui ne cesseront de l’humilier, la forçant à devenir leur bonne à tout faire, totalement coupée du monde extérieur. Ce qui devait être son Eldorado devint son enfer. A l’arrivée, on découvre un implacable réquisitoire, direct, sec et tranchant, contre un colonialisme persistant et le racisme ordinaire, serait-il inconscient. Certes, ce film (Prix Jean Vigo 1966) est une fiction, bien que travaillée par un fort regard documentaire, mais si nous le présentons, c’est bien parce qu’il reste à l’origine du cinéma de Rosine Mbakam qui en actualisera les motifs dans Chez Jolie Coiffure et Les prières de Delphine. 60 ans plus tard, rien n’a changé. En ce sens, La Noire de… était un film visionnaire. Patrick Leboutte

Grâce à ce film, "le continent noir a pris enfin place dans l’histoire du cinéma mondial" Georges Sadoul

A LIRE

Ces deux livres seront en vente lors du festival.

Samedi 20 avril - 16H30

MONTAGE, MON BEAU SOUCI
dialogue entre deux jeunes monteurs

Tirailleur sénégalais pendant la seconde guerre mondiale, puis docker travaillant clandestinement sur le port de Marseille, Ousmane Sembène (1923-2007), alors militant communiste, fit rapidement le choix de mettre en forme ses colères et son engagement anticolonial, par la littérature d’abord, puis par le cinéma après son passage par le VGIK, la grande école de Moscou. Figure tutélaire et père fondateur, parfois quelque peu autoritaire, des cinémas d’Afrique, ses films comme ses romans ont profondément marqué l’histoire culturelle du continent noir. « Sans le peuple, je ne suis rien ; sans le peuple, je ne peux pas créer », répétait-il souvent. Entre extraits de films et archives rares, ce beau documentaire retrace le parcours étonnant de cet homme qui, parti de rien, fit le pari d’oser poser sa vision de l’Afrique sur les écrans. Patrick Leboutte

Samedi 20 avril - 18H00

125 HECTARES !

de Florence Lazar e

0h33

France, 2019

A coups de machettes, une femme entretient son champ, une parcelle naguère en friche et promise aux promoteurs immobiliers, qu’elle occupe illégalement depuis 1983 pour y développer une agriculture de subsistance, fondée sur la biodiversité et non sur la seule monoculture industrielle de la banane favorisée par l’Etat français. A l’arrière-plan, se devinent les montagnes embrumées de la Martinique. A la répétition des gestes, à la scansion cadencée des sons, elle joint la parole pour raconter l’histoire de cette ZAD insulaire, déployant posément sa pensée déterminée à lier la tradition au futur de la planète, avec de plus en plus de rage et de colère dans sa voix. Puissance de la parole. Composé d’une séquence unique, tendue tel un arc, ce film se déguste comme un précis d’intelligence, de lucidité et de maturité politiques, transformant un simple lopin de terre en microcosme de notre monde, partout soumis aux mêmes logiques dévastatrices. Patrick Leboutte

2004-2024  ON N'A PAS TOUS LES JOURS

VINGT ANS 

Après la projection, nous vous invitons à partager un moment convivial pour fêter ensemble les vingt ans de notre festival.

Pour nous permettre de bien vous accueillir, merci de nous prévenir à l'avance de votre intention d'y participer.

Samedi 20 avril - 21H00

LEUR ALGERIE

de Lina Soualem

France, Algérie 2020, 

 1h12

Une femme et ses combats. Impressionnante de présence, Pierrette, artisane-couturière à Douala et qui, dans la vie, n’est autre que la cousine de la cinéaste, affronte sans relâche les crocs d’un quotidien qui ne la ménage pas, alors qu’elle a charge de famille, s’occupant seule de sa mère et de ses trois enfants. Violence des hommes, problèmes avec sa machine à coudre (son unique outil de travail), pluies torrentielles dévastant sa maison, puis son petit atelier : rien ne lui est épargné. Qu’on se rassure, nul misérabilisme ici, Mambar Pierrette n’est pas une potion lacrymale, un Oliver Twist camerounais, mais une œuvre forte, emplie d’une énergie vitale, portée par un corps dont l’instinct de survie force l’admiration : portrait d’une femme qui ne mâche pas ses mots et dont les répliques font souvent rire, mais également tableau foisonnant de toute une société. Qu’il s’agisse de sa propre mère, de Sabine ou de Delphine dans ses longs métrages précédents, comme à chaque fois, Rosine Mbakam filme la puissance des femmes africaines, célébrant leur dignité, leur fierté comme leur capacité à résister. Patrick Leboutte

Dimanche 21 avril - 10H00

BYE BYE TIBERIADE

de Lina Soualem

1h22

France, Belgique, Palestine, 2023

Un huis clos, certes, mais où la réalisatrice parvient à faire entrer dans les 8m2 d’un petit salon de coiffure à Matongé, quartier populaire et congolais du centre de Bruxelles, tout un hors-champ empli des rumeurs du monde, de ses histoires d’amour comme de ses souffrances et de ses récits de vies brisées. Paroles de femmes africaines en exil tandis qu’une autre femme, Sabine, prend soin de leurs tresses et de leurs chevelures. Le cinéma de Rosine Mbakam est un art de l’écoute tendre et c’est bien ce contraste qui saisit, entre la douceur des gestes et la violence des existences. Patrick Leboutte

Patrick Leboutte reviendra sur le film de la veille et présentera l’œuvre de Rosine Mbakam

Dimanche 21 avril - 14H30

ICI BRAZZA

de Antoine Boutet

France, 2023, 

 1h26

Ici Brazza, tout un programme : une zone en friche vit ses dernières heures. 53 hectares à bâtir pour un vaste projet immobilier dans l’air du temps. Chronique d’un terrain vague en transformation, le film scrute l’annonce d’un « nouvel art de vivre » dans la réalité brute du terrain.

On imagine que, pour ce cinéaste girondin, cette friche industrielle située sur la rive droite de la métropole bordelaise constituait un terrain d’étude idéal. En effet, depuis son tout premier film, Antoine Boutet mesure l’emprise de l’activité humaine sur les éléments, qu’elle soit réduite à sa plus simple expression (un ermite creusant des galeries dans Le plein pays) ou qu’elle se déploie dans sa dimension la plus dantesque (l’état chinois en lutte contre le manque d’eau dans Sud Eau Nord Déplacer). Comme un archéologue qui travaillerait au présent, il observe ce geste archaïque qui consiste à creuser la terre, que ce soit avec ses propres mains ou avec des machines toujours plus perfectionnées. Un geste qui est le viatique de la modernité mais qui ramène toujours l’homme à son statut d’être fouisseur. Séverine Rocaboy, directrice du cinéma Les Toiles à Saint-Gratien, administratrice du GNCR

 

Dimanche 21 avril - 17H30

LA FERME DES BERTRAND

de Gilles Perret

1h29

France, 2023

50 ans dans la vie d’une ferme… Haute Savoie, 1972 : la ferme des Bertrand, exploitation laitière d’une centaine de bêtes, tenue par trois frères célibataires, est filmée pour la première fois. En voisin, le réalisateur Gilles Perret leur consacre en 1997 son premier film, alors que les trois agriculteurs sont en train de transmettre la ferme à leur neveu Patrick et sa femme Hélène. Aujourd’hui, 25 ans plus tard, le réalisateur-voisin reprend la caméra pour accompagner Hélène qui, à son tour, va passer la main. A travers la parole et les gestes des personnes qui se sont succédé, le film dévoile des parcours de vie bouleversants où travail et transmission occupent une place centrale : une histoire à la fois intime, sociale et économique de notre monde paysan.

Avec ce film si personnel, peut-être son plus beau, Gilles Perret embrasse plus que jamais le singulier et l’universel pour transmettre la vérité pérenne du monde agricole. Guillemette Odicino - Télérama

2004-2024  ON N'A PAS TOUS LES JOURS VINGT ANS 

C’est le 23 avril 2004 qu’ont eu lieu les deux premières séances de notre festival documentaire, avec Histoire d’un secret de Mariana Otero et Les sucriers de Colleville d’Ariane Doublet.
D’emblée, l’intérêt pour des documentaristes passionnantes et le lien fort à la production régionale étaient posés comme ligne éditoriale.
Notre rencontre en 2008 avec Patrick Leboutte, critique et enseignant, historien du cinéma, nous a permis tout à la fois d’accueillir avec lui des figures marquantes du cinéma documentaire et d’inscrire nos programmations dans une double attention : et, à ce qui émerge dans les nouvelles générations, et, à l’héritage que nous laissent des cinéastes plus anciens.
20 ans plus tard, cette nouvelle édition continuera à creuser ce sillon, riche des qualités qui sont la marque de Villedieu-Cinéma, l‘exigence, la diversité, la convivialité...
Et « parce qu’on n’a pas tous les jours vingt ans », nous vous invitons à nous retrouver autour d’un verre amical et convivial, le samedi 20 avril à 18h, à l’issue de la projection du magnifique court métrage de Florence Lazar, 125 hectares, un coup de cœur de cette année, que nous avons découvert grâce à Philippe Bazin dont nous avions présenté une exposition photographique en 2022.
Pour marquer cette édition, nous préparons une plaquette « spéciale 20 ans » pour une petite histoire de l’événement. Elle sera disponible durant le festival.
Pour fêter cet anniversaire, Doc, Doc, Doc, entrez ! … au cinéma de Villedieu !