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rencontre autour du CINEMA PORTUGAIS

édition 2026

En partenariat avec "Cinéluso, pour la connaissance du cinéma portugais" (Lille) nous vous proposons ces sixièmes rencontres avec notre ami Jacques Lemière.

Comme lors des précédentes éditions, nous vous proposons de partager un repas d'inspiration portugaise.*

Pour nous permettre une bonne préparation, il est impératif de s'inscrire préalablement

à l'accueil lors d'une séance, par mail à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ou en cliquant sur ce lien.

* Participation : adhérent-e : 10 €  , non-adhérent-e : 15 €

La programmation de ces sixièmes rencontres s'organise autour deux axes.

⇒ Pour la soirée du samedi à partir de 17 heures :

Un hommage à António Reis et Margarida Cordeiro avec la présentation de trois films :

Jaime, 1975, 35 minutes, film de António Reis

Trás-os-Montes, 1976, 1h50, film de António Reis et Margarida Cordeiro

Ana, 1982, 1h55, film de António Reis et Margarida Cordeiro

⇒ Pour la journée du dimanche à partir de 10 heures : 

La présentation de deux films tournés à 45 ans de distance dans des villages du Nord du Portugal :

Le mouvement des choses (O movimento das Coisas),1979-1985, 1h28, film de Manuela Serra

Covas do Barroso, chronique d'une lutte collective (A Savan e a Montanha), 2024, 1h17, film de Paulo Carneiro


Hommage à António Reis et Margarida Cordeiro

« La reconnaissance du cinéma portugais en France doit beaucoup à l’apparition, sur quelques écrans de notre pays, d’une œuvre singulière : Trás-Os-Montes. C’était en 1977, à un moment où l’attention pour le Portugal ne relevait pas au premier chef de préoccupations artistiques. Entre fiction et documentaire, entre poésie et anthropologie, un projet cinématographique à la fois âpre et généreux venait nouer le présent et le passé de tout un morceau de terre, et de son peuple, au Nord-Est du Portugal.
« Jamais à ma connaissance un réalisateur n’avait entrepris avec une telle obstination l’expression cinématographique d’une région », écrivait alors Jean Rouch. En fait « le » réalisateur était un couple, dans le cinéma, dans la vie, António Reis et Margarida Cordeiro. « Seul un poète déraisonnable », ajoutait Rouch, « pouvait mettre en circulation un objet aussi inquiétant ».
Poète, António Reis l’était ( Poèmes quotidiens, puis Nouveaux poèmes quotidiens, 1957-1967), et cinéaste (il fut l’assistant de Manoel de Oliveira pour L’Acte du printemps, 1963), il avait déjà mis en circulation un objet inquiétant : Jaime, son premier film, dont João Bénard da Costa dit alors qu’il « ne connaissait aucun film portugais qui ait ramené de l’obscurité un tel exorcisme à notre sommeil de nécrophages ». C’était en 1974, au moment même de l’achèvement de la nuit salazariste.
Avec Margarida Cordeiro, déjà son assistante pour Jaime, et la réalisation de Trás-Os-Montes, se poursuivit cette œuvre à la fois « primitive et moderne » (João Bénard da Costa) qui donna Ana (1982) et Rosa da Areia (1989), jusqu’à leur projet (non réalisé) d’adapter Pedro Pàramo, le roman du mexicain Juan Rulfo. Puis la mort d’António Reis, le 10 septembre 1991, qui a frappé d’un coup si violent tous les amis du cinéma portugais ».

Jacques Lemière

Extrait du programme des 5èmes Journées de cinéma portugais de Rouen, janvier 1995

 

Samedi 17 octobre - 17h00

Jaime film de António Reis

Documentaire

0h35

Tournage 1974

Sortie au Portugal

2 mai 1974

 De la vie, des 30 ans d’internement (de l’âge de 38 ans jusqu’à sa mort, en 1969), à l’hôpital psychiatrique Miguel Bombarda, à Lisbonne (où Margarida Cordeiro travaillait comme psychiatre) et des dessins du travailleur rural Jaime Fernandes, originaire du Nord du pays.

« Ce qui m’a conduit à ce thème, c’est surtout la vie d’un homme, et sans prétention je crois que cela pouvait intéresser les autres personnes si nous pouvions convertir esthétiquement la vie de cet homme » (António Reis, 1974).

 

Trás-Os-Montes film de António Reis et Margarida Cordeiro

Documentaire

1h50

Tournage 1974-1975

Sortie au Portugal

11 juin 1976

Evocation d’une province portugaise, le Nord-Est, dont les racines historiques et séculaires se confondent avec celles du pays frère, que le Douro unit. Les enfants, les mères, les femmes, les vieillards, la maison, la terre … La vie de chaque
jour, l’imaginaire, les métiers en train de disparaître, l’agriculture de subsistance… L’érosion, le temps, la distance. La présence des absents, de tous ceux qui sont partis vers d’autres horizons. Un poème inspiré par le Trás-Os-Montes, interprété par ses habitants.

Samedi 17 octobre - 21h00

Ana film de António Reis et Margarida Cordeiro

Documentaire

1h55

Tournage 1981

Sortie au Portugal

6 mai 1985

« Ana est, en termes de cinéma, un projet poétique qui refuse les demi-teintes. Il n’invente pas des espaces, ni des personnes, ni des lieux, mais un regard, un rythme, une pulsation. En pays de Trás-Os-Montes, une vieille femme préside au renouvellement de la vie et affronte la mort: l’ « histoire » du film, c’est seulement cela » (Jorge Leitão Ramos, Dicionário do cinema português, 1962-1988, Ed. Caminho. Trad. J.L.).


La vieille femme est Ana Maria Martins Guerra, la mère de Margarida Cordeiro.

 

« Rien n’est perdu. Hors des sentiers rebattus des médias et du rappel battu des films cannables et précanonisés, il se rencontre encore quelques aérolithes. Un par an, ce n’est pas si mal. L’année 82 fut celle du Sayat Nova de Paradjanov, 83 pourrait bien être, du côté des surprises fulgurantes, une année Ana. Inclassable, le second long-métrage de António Reis et Margarida Cordeiro ; magnifique, ce voyage dans le monde calmement troublé de nos perceptions, entre la précision du rêve et l’imprécision du réveil, tout au vertige du présent. Ils ne sont peut-être plus assez nombreux les films qui donnent envie de se murmurer, ravi : « Où suis-je » ? » (Serge Daney, Libération, 8 juin 1983, jour de la sortie française du film).

 

Merci à la Cinémathèque du Portugal de nous permettre de présenter cette programmation.


Dans les villages du Nord du Portugal

 

Ce dimanche donnera à voir deux films tournés, à 45 ans de distance, dans la région Nord du Portugal : Le Mouvement des choses (O Movimento das Coisas), de Manuela Serra (1979-1985), et Covas do Barroso. Chronique d’une lutte collective (A Savana e a Montanha), de Paulo Monteiro, 2024) *.
Le premier est l’unique long-métrage d’une réalisatrice qui, après des études de cinéma à Bruxelles avant le 25 avril 1974, fut co-fondatrice de la coopérative de cinéma Virver en 1975-1976, et, notamment, dans ce contexte, l’assistante de Rui Simões, en 1974 pour Dieu, Patrie, Autorité, et en 1975-1979 pour Bon Peuple Portugais. Le second film est le 3ème long-métrage d’un jeune réalisateur qui a commencé à filmer en 2018.

[* Le Mouvement des choses est filmé dans un village du Haut Minho, Lanheses, situé dans le district de Viana do Castelo, au nord-ouest du pays ; le village de Covas do Barroso se situe plus à l’est, dans le Haut Trás-Os-Montes, dans le district de Vila Real].


Dimanche 18 octobre - 10h00

Le mouvement des choses 
(O Movimento das Coisas)
 

Film de Manuela Serra

1h28

Tournage 1979 et 1980

Sortie commerciale au Portugal

2021

« Dans un village du Nord du Portugal : trois familles, une journée de travail. Le mouvement des choses, une suite de
gestes, des éclats de lumière, la mise en scène du temps. Tout le monde est pris dans ses tâches quotidiennes. Rattachés
au monde et aux autres, c’est la vie dans le présent. Seule Isabel regarde ailleurs, peut-être vers l’avenir. Que voit-elle ? »
(Patric Chiha, Cinémathèque française).


« Le Mouvement des choses avait pour titre initial Femmes. Ma première idée était celle d’ un film sur des femmes (…) puis
j’ai jugé que cela n’avait pas de sens de réaliser un film seulement sur des femmes. Mais dans le film entrent beaucoup
plus de femmes. Les femmes dans le Minho ont un rôle très fort, très prépondérant dans la société, ce qui peut être aussi
en relation à l’émigration. L’homme est plus contemplatif. Les femmes travaillent plus … Ce fut en tous les cas ce que j’ai
observé à l’époque » (Manuela Serra, entretien avec Ilda Castro, dans Cineastas Portuguesas, 1874-1956, Ed. Ville de
Lisbonne, Cinemateca Portuguesa, et ICAM, Instituto do Cinema, Audiovisual e Multimedia, 2000. Trad. J.L.)

 


Dimanche 18 octobre - 14h00

Covas do Barroso,
chronique d'une lutte collective
(A Savana e a Montanha)
 

Film de Paulo Carneiro

1h17

2024

Quinzaine des cinéastes

Cannes 2024

La communauté villageoise de Covas de Barroso, dans le Trás-Os-Montes, au nord du Portugal, découvre que la firme britannique Savanah Resources envisage d'implanter sur ses terres la plus grande mine de lithium à ciel ouvert d'Europe.
Un documentaire hybride où, entre chansons et imagerie du western, les habitants mettent en scène leur propre lutte - toujours actuelle - contre le projet industriel qui menace leurs terres et leur paysage. 

« Lorsque j’ai commencé à organiser le tournage à Covas do Barroso, la lutte traversait une période difficile. Plusieurs des habitants les plus engagés étaient au bout du rouleau, fatigués par des années de mobilisation et malmenés par les mensonges politiques du gouvernement. Après quelques séjours, je leur ai proposé de changer notre fusil d’épaule, de renverser la table et de créer ensemble une fiction, où ils rejoueraient leur propre rôle, autour de certains des épisodes qu’ils avaient réellement vécus. À ce moment-là, j’ai découvert chez eux une force que je n’avais pas perçue encore » (Paulo Carneiro, entretien avec Ricardo Vieira Lisboa, pour Météore Films)

Un très grand merci à notre ami Jacques Lemière ( Cinéluso, pour la connaissance du cinéma portugais - Lille) pour sa précieuse fidélité, pour ses textes de présentation des films et pour l'animation de ces rencontres.

Jacques nous fait partager sa passion pour le cinéma portugais depuis 2018.